Carnets et mémoires

Témoignages en mémoire des escrimeurs

Me Marie-Noëlle Despérelle-Théry

« A toi, Marie-Noëlle, tout notre regretté souvenir
« Toutes nos condoléances envers la famille et les proches »
 
 

Escrime Club de Saint Doulchard

Crédits : Berry Républicain

Me Yves Collonge

Témoignage en mémoire d'Yves Collonge

« C’est avec une extrême tristesse que j’ai appris la mort du Maître Yves Collonge, le Maître Collonge c’est celui qui m’a mis en garde, c’est avec lui que depuis presque cinquante ans je chemine sur les sentiers escarpés de l’escrime et de sa transmission. Je ne sais si l’escrime, cette passion dévorante se transmet, et je ne sais pas encore comment, mais lui savait y faire et nous sommes nombreux à pouvoir en témoigner. Je ne l’ai jamais appelé Yves ou même monsieur, il était évident qu’il était Maître d’escrime, et quand nous parlions c’était toujours « oui Maître », quelques fois « non » mais si rarement.

 

Il naît en novembre 1932, il obtient sa maîtrise d’armes en 1957, il devient professeur d’EPS et rejoint le lycée technique d’Albi et remplace le maître Chavanne au Cercle d’escrime D’Albi où il enseigne l’épée et le fleuret. En septembre 1964, il rejoint Bourges et le lycée Alain Fournier où il enseignera jusqu’à son départ en retraite. Il créé au lycée la section d’escrime scolaire, et déjà il a la volonté de permettre au plus grand nombre la pratique de l’escrime. Très vite, il créé la section escrime du Cercle Jean Macé Bourges, club omnisport issu des mouvements des patronages laïques. À partir de 1967, il met en place des sections d’initiations à l’escrime dans les écoles de Bourges. C’est à ce moment là que se déclare la passion du sabre, qu’il enseigne à de très jeunes enfants, continuellement en recherche il se forme auprès des plus grands. En 1971, il intervient dans un institut pour jeunes Infirmes Moteurs cérébraux et cérébraux lésés et enseigne l’escrime auprès d’eux pendant trois décennies, il écrit de nombreux articles et ouvrages en collaboration avec des médecins, et il invente une pratique adaptée et rééducatrice.

En 1972 profitant d’une réforme du BAC, il met en place la section escrime au lycée Alain Fournier, ce qui permet aux escrimeurs de prendre l’option escrime au BAC.

Il forme de nombreux Maîtres d’armes et enseignants, je citerai les Maîtres Asselin, Doléans, Nicolas sont ses élèves, tous formés aux trois armes, et même à l’escrime artistique : c’était une époque où les Maîtres avaient une formation à toutes les pratiques.

À partir des années 1980, il mène le combat pour la construction d’une salle spécifique à Bourges qui verra le jour en 1992 et sera inaugurée en présence de Jean François Lamour.

Enfin, il a été un organisateur de nombreux événements à Bourges, championnats de France, challenges benjamins où nous avons pu voir à Bourges les futurs champions je pense par exemple à Damien Touya.

C’était aussi un formateur de bénévoles dont je fais partie et il fut un conseiller discret et efficace durant les championnats d’Europe séniors en 2003 à Bourges.

Ce qui frappe quand on retrace rapidement la vie du Maître Collonge, c’est la richesse, la diversité des pratiques et le précurseur qu’il fut. Le leitmotiv de son action, qui nous a tous enrichi, c’était :

« Faire des hommes bien faits »

Nous sommes un certain nombre à lui devoir beaucoup. Il a construit, fabriqué, enrichit un nombre impressionnant de gamins pour en faire des hommes, et pour beaucoup des militants de l’escrime,

Alors avec infiniment de tristesse, je vous dis: « Merci Maître et au revoir ».

Pour ceux qui le souhaiteraient, je récolte des témoignages, des anecdotes que je transmettrai à ses filles. Ces témoignages pourront faire l’objet d’une publication avec l’accord de ses filles et des auteurs. Par avance merci. »

 

Yannick Le Cleac’h.

Crédits : Berry Républicain

Me Jean Cottard

Jean_Cottard

« À Maitre Cottard…

Il était de ces enseignants qui en imposent… d’une présence captivante, d’un regard souriant et complice… joueur parfois… rassurant souvent. Un plastron de passionné intimidant… impressionnant qui, par un geste, savait vous emporter et vous captiver toujours. Il était de ces enseignants qui en un mot vous embarquent inévitablement dans des joutes passionnantes, à fers croisés, discutant, partageant, et écoutant toujours.

Il était de ces enseignants qui vous bousculent, vous bâtissent des destins, vous marquent de leur humilité, de leur générosité et de leur passion. Toujours un bon mot ou une figure de style bien pensée pour partager sa passion et vous embarquer dans son monde.

Déterminé et passionné, il avait à coeur de transmettre son art, ses convictions et son goût pour l’exigence. Son exigence et sa dureté rivalisaient souvent avec sa générosité et son honnêteté toujours. Il était de ces enseignants qui, par sa justesse et sa conviction, savent faire mouche et vous accompagnent quotidiennement. Fervent défenseur des traditions et de leurs évolutions, des heures durant, il écoutait, partageait et contribuait scrupuleusement au respectueux héritage.

Me Cottard était de ceux qui jalonnent une vie de minot… bien triste ce matin

Au revoir Maitre et bon vent… « 

P LEFORT, CTS Escrime CVL

Crédits : Wikipedia

Me Rudi Van Oeveren

Maitre van Oeveren Salut

Le monde de l’escrime et de la culture est en deuil !

Rudi Van Oeveren nous a quitté.

La vie de Rudi van Oeveren ressemble à un jeu de l’oie dont les cases correspondraient à des pays. Des Pays-Bas à Israël et ensuite à l’Angleterre où il fut entraineur national, en passant par Budapest, New-York, Paris, Djakarta, Kingston(Canada), le maître d’armes a « tiré » dans le monde entier. À voir ce parcours en sauts de puce, on pourrait croire que l’homme ne tient jamais en place.

Mais si Rudi van Oeveren a toujours eu la bougeotte, c’est qu’il se fait une très haute idée de l’escrime. « L’escrime, c’est lire son adversaire. Comprendre son caractère. C’est une main, une technique, une tactique, un sens des distances. Il faut être rusé et malin », explique-t-il.

Gérard Six

Jean Louis VAUR

 » Jean-Louis Vaur.
Une personnalité attachante, simple et discrète.

Un escrimeur passionné, un compétiteur, un enseignant, un arbitre, un bénévole engagé.

L’escrime à Bourgueil c’est une histoire de famille, celle de la famille Vaur avec ses trois fils et son épouse.
Il avait su mobiliser une équipe de bénévoles pour animer l’escrime dans ce village de Touraine, construisant avec cette équipe la salle d’armes.
C’était l’âme de ce club, l’enseignant emblématique de la salle.
Il avait été dans les structures nationales dans les jeunes catégories.

Toujours présent au niveau des compétitions départementales et régionales, malgré la distance.
Nous nous souvenons tous de sa joie lorsqu’il avait inscrit au championnat régional l’équipe « Vaur » avec ses fils pour représenter le club.
Il était également impliqué au niveau des instances régionales et départementales, au sein des comités directeurs, et comme membre de l’équipe technique régionale.
Il avait été trésorier de la ligue lorsque Serge Aubailly était Président et lors de mon premier mandat de 1996 à 2000.

Pour beaucoup Jean-Louis était l’archétype du bénévole, avec cette discrétion qui l’a caractérisée tout au long de sa vie.

La famille de l’escrime régionale perd un de ses membres emblématiques.
Je partage cette tristesse avec tout ceux qui l’ont connu. »

Jean-Louis Desnoues

« Lorsque à 25 ans, le feu « en poupe », jeune Maître d’armes sorti d’école depuis peu, tu arrives dans une ligue et, tu rencontres Jean-Louis VAUR, (à l’époque Prévôt fédéral), personnage dévoué à l’escrime dans un village d’Indre et Loire (Bourgueil), qu’il est plein de compétences, plein d’enthousiasme, père pour chacun de ses élèves ! tu observes, tu écoutes, tu le prends en exemple, tu le respectes et surtout tu restes humble ! Parce que lui aussi reconnaissant, au fil du temps, la complicité s’installe et c’est là que le simple collègue devient un remarquable copain.

Tous les clubs de l’Indre et Loire le connaissaient et l’appréciaient. Toute la ligue d’escrime de l’Orléanais connaissaient ses « coups de gueule »… toujours pour la cause des jeunes escrimeurs. En 1980, il était déjà dans le développement de l’escrime en milieu rural depuis longtemps. Il faisait parti de l’équipe qui a créé le comité départemental de l’escrime d’Indre et Loire.

Il a arpenté les salles d’escrime, du Nord au Sud, d’Est en Ouest, soit en tant que tireur, soit en temps qu’arbitre (départemental à international), soit en tant qu’enseignant ou encore en tant que dirigeant et organisateur ! Tous les week-end, il était sur les pistes. Tout cela, il le faisait bénévolement. Il faisait cela en plus de son activité professionnelle !

C’était un passionné et il a toujours été passionné.

Lui ! c’était un Monsieur de l’Escrime. Un pur ! Toute sa famille l’a suivi ! Son épouse a été en permanence avec lui. Nous sommes très triste, vraiment très triste. De tous ceux qui l’on connu, personne ne peut être insensible à cette triste nouvelle. »

Jean Paul Hervé

« Jean  Louis VAUR

La cigarette pendante au coin des lèvres, les épaules en avant, presque vouté dans sa veste en velours côtelée, on le reconnaissait de loin Jean-Louis.
Lorsqu’il arrivait sur le lieu d’une épreuve, son premier objectif était de venir saluer tous ceux qu’il connaissait………. Et il en connaissait du monde. Il nous gratifiait de quelques anecdotes dont il avait le secret puis il se dirigeait, d’un pas lent mais assuré, vers ses ouailles.

Il avait une connaissance de l’épée étonnante tant sur la technique que sur la stratégie et pouvait disserter sur le sujet de longs moments. Il était capable de se remettre en question et avait su s’adapter à l’évolution de son arme.
Jamais un mot plus haut que l’autre, toujours bienveillant avec les jeunes, Jean-Louis était et restera un personnage singulier dans le monde de l’escrime Tourangelle.

Désormais nos épreuves régionales ne seront plus les mêmes…..Tu vas nous manquer….. « 

Maître Christophe Laroche

« Un grand Maître, une belle personne, un ami, l’escrime perd beaucoup avec son départ 
Merci pour tout Jean-Louis, je garderais toujours en mémoire nos discussions et notre titre de Narbonne »

Jean Marc Delahaye

 » Triste nouvelle. Un vrai passionné de l’escrime. Un ami. »

Gilles Meyer

« Au fleuret comme à l’épée, Jean-Louis,  sur la piste était un coriace adversaire, ne lâchait pas le morceau les assauts étaient intenses et âprement disputés. Gagnés ou perdus, il s’éclipsait dehors pour fumer sa cigarette. Hors de la piste il me racontait « tu ne connais pas la dernière » blague ou autre anecdote toujours sur l’escrime.

Bénévole passionné il était présent, accompagnant ses élèves  dont ses fils pour leur prodiguer ses  conseils, pour arbitrer en régional comme en national  avec autorité les matchs quelques fois tendus. Il s’était investi au niveau de la ligue comme trésorier , également dans la commission épée et  la gestion du classement régional. Jean-Louis était un ami sincère avec qui je partageais la même passion, s’était un frère d’armes depuis plus de quarante ans.

Je partage avec sa famille et ceux qui l’ont approché la tristesse de cette perte . »

Régis Eche.

« C’est avec une grande tristesse que je viens d’apprendre la disparition de Jean-Louis Vaur.

Tout d’abord je voudrais adresser mes sincères condoléances à sa famille, son épouse et ses fils.

Il était de ces amoureux et passionnés de l’escrime qu’il est indispensable de rencontrer un jour sur les pistes. 
Tout d’abord un adversaire coriace, adroit, rusé et joueur qui ne baissait jamais la garde. Un gaucher au quarte droit ou en cédant à l’ancienne, redoutable, et qui excellait aussi bien au fleuret qu’à l’épée.

Et puis un homme généreux, agréable à côtoyer, impliqué auprès de son club de Bourgueil qu’il aimait tant, de son département, mais aussi de sa région. Toujours de bonne humeur, fin connaisseur qui aimait analyser les rencontres et parfois refaire le match, jamais avare de conseils techniques et tactiques utiles mais aussi d’encouragements, à l’affut en compétition de tout ce qui pouvait se passer, et toujours une anecdote à raconter, « tiens au fait tu es au courant… ». En un mot un homme attachant.  

Il était aussi arbitre national à l’épée. Un arbitre reconnu et nous avons été nombreux à répondre à ses commandements.

Enfin, il s’impliquait sans compter auprès des jeunes pour partager sa passion et développer l’escrime dans sa petite ville un peu isolé des bords de Loire. Et que de générations de jeunes escrimeurs il a pu former. Que de week-end il a pu passer en compétition avec ses jeunes tireurs, toujours accompagné de son épouse et de ses fils.

Pour ceux qui t’ont bien connu en région Centre qui restera un exemple.

A la rentrée tu nous manqueras c’est certain et on te cherchera encore longtemps quelque part aux bords des pistes. Mais tu resteras dans nos coeurs.

Bien à toi. »

Jean-Yves Millet

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